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SITUATION POLITIQUE AU SENEGAL : Les sages conseils de Me Robert BOURGI

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Cette fois-ci, l’avocat franco-sénégalais Me Robert Bourgis’adresse à toute la classe politique sénégalaise qu’il invite à une prise de conscience et de responsabilité pour calmer la situation politique au Sénégal. Fort de sa conviction, Me Bourgi rappelle à qui veut l’entendre que le président MackySALL n’a jamais voulu rester au pouvoir au-delà du 02 Avril 2024. Interview…

DAKARTIMES : Comment expliquer la situation qui prévaut aujourd’hui ?

Me Robert BOURGI : Face au tombereau de critiques venues de partout qui tombent sur le Président Macky Sallqu’on accuse de vouloir rester au pouvoir en reportant le scrutin présidentiel, je crie de toutes mes forces : « Non, Macky Sall ne voulait en aucun cas rester au pouvoir au-delà du 2 avril … ». Le Président Macky Sall a été placé, sans le vouloir devant une situation où des recalés au concours présidentiel ont demandé et obtenu de l’Assemblée Nationale l’ouverture d’une commission  d’enquête sur une présumée corruption de deux juges du Conseil constitutionnel composé de sept membres. Où est donc le principe sacré de la séparation des pouvoirs ? Situation ubuesque où à l’origine de cette triste affaire se trouve un candidat recalé pour parjure. Car ayant déclaré sur l’honneur n’être pas binational alors que les éléments précis ont prouvé qu’il était sénégalais et français au moment de sa déclaration sur l’honneur. Autre fait aggravant, c’est que ce candidat recalé reste redevable de la somme de 138 milliards FCFA au trésor sénégalais. Le reproche a été fait au Président de la République d’avoir géré en coulisses le vote de la proposition de loi réclamant une commission d’enquête sur cette présumée corruption des deux juges. Car son parti avait voté avec le PDS cette proposition de loi. C’est à mon sens aller un peu trop vite et un peu trop loin dans la critique du Président.

Qui serait le responsable de ce blocage total de l’organisation de l’élection présidentielle ?

Oui, nous nous trouvons face à un blocage total et inédit qui interdit toute organisation normale de l’élection. Mais, le Président n’en est pas directement et personnellement responsable. Soyons sérieux. On nous dit et on entend dire : « Il y a report car le candidat du parti présidentiel, l’actuel Premier ministre Amadou Bâ allait être battu car il ne décollait pas dans les sondages et sa campagne patinait. Le pauvre homme régulièrement et démocratiquement désigné par les instances du parti présidentiel, dès sa désignation, des caciques du parti lui ont déclaré la guerre jusqu’à promouvoir et inspirer des candidatures parallèles dont le seul but était de compromettre voire de ruiner ses chances au premier tour. En dehors du parti, Amadou Bâ a eu aussi à souffrir des critiques acerbes et si impitoyables des proches du Président. MackySall est en charge de la République. Macky Sall n’est point directeur de conscience. Informé qu’il était de ces dangers qui pesaient sur Amadou Bâ, il a convoqué et parlé à chacun de ces récalcitrants aveugles et sourds, face aux dangers qu’ils faisaient peser sur la survie du régime et la continuité du magistère de Macky Sall entre les mains d’Amadou Bâ. Ce sont ceux-là qui sont à l’origine de la collusion entre Benno Bokk Yaakar et PDS pour le vote de la proposition de loi sur la prétendue corruption des deux juges du Conseil constitutionnel. Sachant que nous allions vers un suicide politique pur et simple, j’ai donné des interviews dans Dakar Times pour appeler ces sicaires du pouvoir à revenir à la raison et à oublier par devoir leurs griefs personnels à l’égard d’Amadou Bâ. Surtout ne jamais casser la branche de l’arbre sur laquelle on est assis. C’est un danger majeur en politique. Le Sénégal en est bloqué dans son fonctionnement constitutionnel et politique.

Vous dites que le Président Macky Sall ne voulait pas rester au pouvoir au-delà du 2 avril 2024, en êtes-vous sûr ?

Le 14 juin 2023, vers 21h30, dans le silence de son bureau au palais présidentiel, au cours d’un de nos entretiens réguliers, j’ai posé cette question cruciale au Président : « Président, comptes-tu faire un troisième mandat ? Et ce droit t’en est donné constitutionnellement ? ». Il m’a regardé gravement et de cette voix à la modulation si agréable et feutrée, il m’a répondu ceci, gravé dans le marbre de la mémoire : « Grand frère Robert, j’ai fait tout ce que j’avais à faire pour le Sénégal, mon pays, ton pays. Je considère qu’il est temps pour moi de partir. Je te confie ce que j’ai confié à mes plus proches collaborateurs et à ma femme. Je ne ferai pas de troisième mandat.  N’en fais pas. Je l’annoncerai moi-même à mon peuple, à la nation ». Ce qu’il fit le 3 juillet 2023. Son attitude aujourd’hui, il faut la comprendre au danger qui pèse sur le pays. Ce blocage total de tous les rouages de l’Etat, de toutes les institutions. La menace qui pèse sur la paix sociale, sur la cohésion sociale, sur l’économie du pays, qui d’autre que lui, clé de voûte de toutes les institutions, peut y faire face et y trouver une solution rapide ? Dans son interview à l’Associeted Press, il n’a pas caché qu’on n’est pas loin de l’intervention d’autres forces devant la faillite des politiques. Macky Sall peut encore nous épargner l’intervention des militaires. Mes connaissances maximales de la science politique et de l’histoire politique africaine me conduisent à dire ceci aux hommes politiques sénégalais de tous bords : « De grâce, avec l’aide de Dieu, répondez au rendez-vous politique auquel vous invite le Président de la République. Nous sommes tous des enfants du Sénégal. Préservons-le. C’est notre devoir. Aidons le Président de la République à calmer le jeu, à dissiper la nervosité mortifère qui gagne et gangrène le pays. Faisons le et permettons à l’armée, à nos soldats, gardiens de la sécurité de notre pays de rester la GRANDE MUETTE». Permettons au Président, de partir alors la conscience tranquille du travail accompli.

Quel conseil, grâce à votre âge et votre expérience, vous donneriez au Président aujourd’hui ?

Président, tu sais combien je t’affectionne, te respecte et t’estime. Permets moi de te dire ceci sous la foi de notre religion commune et de notre toge sacrée de pèlerin, Président invite au dialogue que tu préconises, que tu veux mettre en place tous les sénégalais. Et invite aussi les fidèles si nombreux d’un parti qui est interdit, les fidèles du Pastef, c’est-à-dire les partisans d’Ousmane Sonko. Montesquieu disait : « Du choc des idées naîtra la vérité ». Ne laisse personne, Macky, en dehors du dialogue politique. En septembre 1958, à son retour au pouvoir, le Général De Gaulle avait invité dans sa demeure de Colombey Les Deux Eglises,  le chancelier allemand Konrad Adenauer. De ce jour là règne la paix entre deux pays qui se sont battus si souvent dans le passé au prix coûteux et triste de millions de morts. Ose ce pas Macky. Le père de la nation que tu es, doit tendre la main à tous les sénégalais. La situation l’exige. Que Dieu te garde. Et que Dieu garde le pays.

Décryptage Malick SARR

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