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Au Cameroun, camouflet pour Samuel Eto’o qui se voit imposer un nouveau sélectionneur

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Le sélectionneur belge Marc Brys à Bruxelles, le 12 août 2023.

Les Lions indomptables ont un nouveau sélectionneur : mardi 2 avril, le Belge Marc Brys, 61 ans, a été désigné pour succéder au Camerounais Rigobert Song, dont le contrat de deux ans avait pris fin le 29 février. Le technicien flamand, né à Anvers, va vivre sa première expérience en Afrique. Il sera notamment assisté par deux anciens internationaux camerounais, François Omam-Biyik et Alioum Boukar. Ancien défenseur ayant évolué dans le championnat amateur, il a entraîné essentiellement en Belgique (Beerschot Anvers, FC Malines, Saint-Trond), aux Pays-Bas (FC Den Bosch, FC Eindhoven) et en Arabie saoudite. Libre depuis son départ de Louvain au mois d’octobre 2023, il s’était porté candidat pour le poste de sélectionneur du Ghana.

Mais c’est moins la personnalité du nouvel entraîneur des Lions que les coulisses de sa nomination qui font polémique au Cameroun. La Fédération camerounaise de football (Fecafoot), présidée par Samuel Eto’o, n’a pas apprécié d’apprendre la nouvelle au journal télévisé de la CRTV, lors de la lecture d’un communiqué signé par le ministre des sports, Narcisse Mouelle Kombi. Faisant part de « son étonnement face à cet acte contraire au décret de septembre 2014 portant organisation et fonctionnement des sélections nationales », l’instance a déclaré qu’elle « entend[ait] apporter un éclairage sur cette regrettable situation ». Mais de quelle marge de manœuvre dispose-t-elle vraiment ?

L’arrivée de Marc Brys à la tête des Lions indomptables a été validée par Paul Biya lui-même, le président de la République. Le 10 février, le chef de l’Etat, au pouvoir depuis quarante et un ans, avait indiqué dans son discours à la jeunesse avoir donné des instructions fermes au ministre des sports à propos du management des sélections nationales. « Cela signifiait bien que la nomination du successeur de Rigobert Song serait l’affaire de Paul Biya, de quelques membres de son entourage proche et de Narcisse Mouelle Kombi. Samuel Eto’o n’aurait pas vraiment son mot à dire, résume, sous couvert d’anonymat, un ancien membre de la Fecafoot. Pour lui, la nomination de Marc Brys et la manière dont elle a été annoncée sont une véritable humiliation. »

Cette reprise en main de la gestion de la sélection A par l’Etat n’avait pourtant pas empêché Samuel Eto’o de prendre contact avec plusieurs techniciens, quelques jours après l’élimination du Cameroun en 8es de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2024 en Côte d’Ivoire par le Nigeria (0-2).

« Il convient de se montrer raisonnable »

Le dirigeant avait notamment approché le Belge Tom Saintfiet, l’ancien sélectionneur de la Gambie, lequel s’est finalement engagé avec les Philippines, l’Italien Fabio Cannavaro et surtout le Français Hervé Renard, sélectionneur de l’équipe de France féminine, sous contrat jusqu’au 31 août. Les deux hommes, qui se connaissent et s’apprécient, s’étaient rencontrés à Abidjan lors de la CAN, et les discussions s’étaient prolongées lors de fréquentes conversations téléphoniques.

Le nom d’Hervé Renard, qui est également courtisé par le Nigeria et la Corée du Sud, figurait bien sur la « short list » dégagée par le ministre des sports et ses collaborateurs chargés du dossier. « Il y a eu une vingtaine de candidatures, trois ont été retenues, dont celles de Renard et Brys. Les deux priorités étaient de nommer un sélectionneur expérimenté et abordable financièrement. L’Etat prend en charge son salaire et celui de son staff technique, et dans le contexte économique actuel, il convient de se montrer raisonnable », intervient un membre du ministère des sports. Samuel Eto’o a longtemps soutenu la candidature du technicien français, jusqu’à ce que l’Etat camerounais et Marc Brys trouvent un accord verbal à la fin du mois de mars, avant l’officialisation mardi.

Hervé Renard, qui fut champion d’Afrique en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec la Côte d’Ivoire, était le choix sportif numéro un. Il a été auditionné, mais les discussions n’ont pas abouti en raison de ses prétentions salariales. En outre, le Savoyard, lié à la Fédération française de football, n’aurait pas été disponible avant le 1er septembre, pour le début des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc.

Marc Brys, dont la durée du contrat n’a pas été précisée, touchera selon les informations du Monde un salaire sensiblement moins élevé que celui de son prédécesseur, qui émargeait à 39 000 euros mensuels. Le nouveau sélectionneur des Lions indomptables effectuera ses débuts officiels au mois de juin à l’occasion des 3e et 4e journées des qualifications pour la Coupe du monde 2026. Le Cameroun, qui occupe la première du groupe D avec quatre points, recevra le Cap-Vert avant de se déplacer à Luanda pour affronter l’Angola.

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